Courrier du Sensible : lettre #2

jeune femme blonde avec un pull rose prend une photo d'elle meme dans un miroir
Illustration par Audrey Bourdin pour Soleyne Joubert

Billet d’humeur sur la difficulté d’écrire dans un monde tellement bruyant

Dans ce texte intime, je reviens sur la raison pour laquelle écrire est salvateur.

Le bruit m’envahit. Celui des politiques, vendeurs de tapis, tyrans, menteurs, arracheurs de dents. Celui des plateformes de streaming qu’on allume pour s’anesthésier toujours davantage. Celui de la rue, celui de la souffrance qui nous parvient des pays en guerre. Tant de bruit pour dire une chose : la difficulté de vivre ensemble, de vivre heureux, de s’épanouir dans son corps, de faire société.

J’ai besoin que le monde se taise. J’ai envie d’entendre les enfants. Leurs rires, leurs mots tellement importants qu’on minimise en permanence, qu’on dénigre. J’ai envie d’écouter les femmes, leurs secrets enfouis et dévoilés à mi mot autour d’une tasse de café entre deux machines de linge. J’ai envie d’écouter les vieux, ceux qui ont tout connu, tout vu et dont la sagesse est moquée. J’ai envie d’écouter les hommes, pas tous, mais ceux qui prennent le temps de questionner leur pouvoir, d’écouter avant d’imposer leur grosse voix.

J’ai envie d’entendre mon coeur chanter. D’entendre à nouveau sa complainte, son besoin d’émancipation, de liberté, de chaleur, de sécurité.

Et lorsque le bruit se fait trop assourdissant, je ne peux plus écrire. Je tourbillonne avec les autres dans la cacophonie. Je crie dans le vent qui soulève tout et personne ne m’entend plus. Je deviens bruit parmi le bruit. Je m’accroche aux branches pour ne pas m’envoler, je m’enfouis au fond de moi-même, je disparais.

Quand tout devient bruit, je m’assois à mon bureau. Je soupire, de fatigue émotionnelle, de ce monde qui m’écorche, me brûle, me rend folle. Le silence alors se fait, je souffle, mon visage et mon corps se relâchent, mon pouls ralentit. Et je déroule des phrases consolatrices. Les mots viennent panser les plaies béantes comme ils l’ont toujours fait. Ils consolent mon âme endeuillée. Alors, commence la création de nouveaux univers. Des réalités parallèles ou les rêves sont permis. 

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